Comme pour alerter sur la gravité du phénomène de l’émigration, Mme Fetta Sadat, secrétaire nationale aux droits de l’Home et modératrice de la communication, a donné des chiffres effrayants : chaque année 20 000 spécialistes africains quittent leurs pays. C’est dire que le feu est en la demeure.
Modérée par Nadir Hamouche, secrétaire national à la PME/PMI, la troisième communication des journées
nationales de la jeunesse ayant pour
thème « le jeune et l’entreprise » a été très enrichissante pour tous les jeunes qui caressent l’espoir de tenter l’expérience entrepreneuriale. Trois communicateurs, de
jeunes cadres algériens aux parcours différents, ont raconté leurs expériences respectives à une assistance nombreuse et très attentive. Enseignant puis entrepreneur
avant de s’exiler en France pour devenir expert international, Khaled Bouzidi a encouragé les jeunes à acquérir des connaissances avant de tenter l’aventure managériale. Après
17 ans d’expérience dans une entreprise publique avant de créer sa propre entreprise, Malik Hessas estime que c’est un atout supplémentaires de disposer de plusieurs formations. Il invite
les jeunes à faire preuve d’audace quand des opportunités s’offrent à eux. Il a assuré que les valeurs acquises au sein de l’école du RCD (l’abnégation, la rigueur moral, respect de
loi, etc) l’ont aidé à redresser la barre de son entreprise qui, durant les années 90, avait frôlé la banqueroute. Résultat : son ancienne entreprise qu’il a quitté il y a
trois ans pour monter sa propre affaire, est toujours debout. Abondant dans le même sens, Zahir Ghezzou, manager dans une grande boite américaine ( Kraft Foods) a assuré que sa meilleure carte de
visite est son appartenance au RCD. « À l’école Je n’ai appris que la thèse. Au RCD j’ai découvert l’antithèse », explique-t-il. N’ayant pas peur des défis, il assure que l’idée
de partir n’a jamais effleuré son esprit. Ses conseils aux jeunes ? Connaitre leur environnement socio-économique, se mettre à la page en actualisant les connaissances acquises et avoir un
esprit d’initiative. Après quoi, il a lancé un appel au regroupement de toutes les compétences managériales. Au terme d’un riche débat, le modérateur lance à l’adresse des jeunes en
empruntant au président américain Barack Obama son fameux slogan électorale: « yes we can».
Phénomène de la Harga : la construction maghrébine serait-elle la solution ?
Invité à la 4ème communication consacrée à la problématique du phénomène de la Harga, Samad Filali, Marocain et président de l’Union des jeunes euromaghrébins (UJEM) crois dur comme fer qu’un Maghreb unifié peut être une solution au phénomène de la Harga comme pour d’autres problèmes d’ailleurs qui rongent les pays de notre région. « L’émigration est un problème maghrébin et non pas européen. Si on a donné les moyens aux jeunes et si on leur a ouverts des perspectives, ils ne seraient jamais tentés par l’exil. Il faut que nous nous unissons pour rattraper le train de la civilisation et nous inscrire dans le mouvement de l’histoire », s’est-il écrié. Pour appuyer son plaidoyer pour la construction d’un ensemble régional, M.Filali a déroulé un argument de taille : une identité, une histoire et une géographie communes. « En Europe on nous voit comme maghrébin mais non pas comme Algériens, Marocains ou Tunisiens », souligne-t-il. Pourquoi alors un si beau rêve tarde-t-il à se concrétiser ? L’absence de volonté politique chez les dirigeants, explique-t-il.
Sur un autre registre, M.Filali n’a pas tari d’éloges sur le RCD qu’il a qualifié de « partenaire stratégique avec lequel on partage le même combat, celui d’un Maghreb uni et démocratique »
Il s’est dit surpris par la qualité de l’organisation connue par les journées nationales de la jeunesse. « Quand on est pas organisé on ne peut pas prétendre organiser tout un pays »,
L’autre communicateur, Hocine Slifi, universitaire émigré, estime que la démocratie est un préalable à toute construction maghrébine. « Il faut aller dans le sens de l’histoire qui est celui des regroupements régionaux », estime-t-il. Parlant du phénomène de la Harga, M.Slifi a assuré que « s’il y a un minimum de conditions ici, les jeunes ne risqueraient pas leur vie en se jetant à la mer », assène-t-il. Il a conseillé au jeunes de ne pas aller dans la gueule du loup et de méditer la situation des sans papiers qui vivent dans des conditions inhumaines. « Heureux les martyrs qui n’ont rien vu », résume-t-il en reprenant le titre du célèbre livre du défunt Mohand Arab Bessaoud.
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