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Jeudi 23 mars 2006 4 23 /03 /2006 13:02

Le Soir D`Algerie du 23 Mars 2006

Afin de tirer quelque peu l’université de sa torpeur culturelle et d’offrir aussi aux habitants de la ville d’ex-Rocher Noir des espaces culturels et conviviaux, les membres de l’association estudiantine Cirta, très actifs au sein du campus de l’université M’hamed-Bouguerra de Boumerdès, s’affairent à mettre en œuvre les dernières retouches d’un riche programme culturel qui s’étalera sur trois journées, les 20, 21 et 23 mars.
L’occasion a été vite trouvée. Il s’agit pour les militants de cette association de dédier ce premier festival culturel, consacré à l’amitié, au poète et troubadour Si Mhend U Mhend pour se remémorer le centenaire de sa disparition. Dans le préambule du programme d’activités prévues, les organisateurs nous font découvrir brièvement qui est le poète et le contexte inspirateur de ses créations. “Ses œuvres, d’une grande émotion, qualifiées de plus légères que l’air, sont imprégnés de sa grandeur d’âme et de son attachement à ses valeurs ancestrales et à sa terre bénie.” Des personnalités du monde de la culture seront conviées à disserter sur la poésie algérienne en générale et les œuvres d’expression amazigh en particulier. Selon Sebai Massinissa, le président de l’association Cirta, la venue de Amine Zoui, directeur de la Bibliothèque nationale, Youcef Merahi, secrétaire général du HCA, Adli Youcef, écrivain, Mme Sidi-Saïd du département amazigh de l’université Mouloud- Mammeri, Ali Mammeri, écrivain est confirmée. Est prévue également la contribution des institutions et des associations à caractère culturel. La salle omnisports de Boumerdès abritera une soirée artistique qui sera animée par une pléiade d’artistes, notamment Belaïd Abranis, Belaïd Thagrawla, Petit Tacfarinas, le groupe Izelwan de Ghardaïa... Les étudiants se sont dévoués pour organiser ces activités. Ils ont trouvé une oreille attentive et des soutiens auprès de leur université, le HCA, l’Onou et la maison de la culture Rachid- Mimouni. Par contre, la wilaya de Boumerdès a été destinatrice d’une demande d’aide avec à l’appui un dossier complet, un bilan d’activités que lui envieraient bien d’autres associations budgétivores et dont la présence sur le terrain se limite à faire du tapage pour plaire aux puissants. Il semblerait que la demande et le dossier n’ont même pas été remis au wali, M. Bedrici. Les responsables de Cirta ont eu, selon nos informations, du mal à contenir la colère des étudiants qui voulaient organiser un sit-in devant le siège de la wilaya pour protester contre ce qu’ils assimilent à du mépris. Fort heureusement, Dda Saïd Ysref, promoteur immobilier, a répondu immédiatement par une aide substantielle à la demande des étudiants. A rappeler que Cirta est connue pour avoir organisé des activités particulièrement des conférences-débats au sein de l’université qui a vu la participation d’intellectuels de grand niveau. Les thèmes choisis rompent singulièrement avec le climat culturel délétère de l’université de Boumerdès. Pour l’avenir, Cirta, qui a fait sienne la citation de Mouloud Mameri “nous avons défriché le terrain, à présent, c’est aux autres de continuer”, compte lancer une réflexion sur les évènements du Printemps noir, s’associer par le biais des expositions et débats à la lutte du monde de la presse et au combat de la femme. Elle est membre du réseau Espoir parrainé par le Pr Senhadji, pour la lutte contre le sida.

Par Jeunesse-rcd - Publié dans : Régions
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